Les idées développées dans SenioLAB sont à la fois issues des groupes de travail des ateliers et des événements du programme Plus Longue la Vie.net comme le Barcamp “Design et vieillissement” réalisé à l’ENSCI en mars. Les idées se divisent en trois selon qu’elles correspondent à un futur très proche (“Et si demain…”), un futur posisble (“Et si en 2012…”) ou une vision prospective. Différents thèmes ont été abordés:
-Lieux de consommation / lieux de socialisation: un questionnement sur les espaces de consommation où des générations ayant des rythmes et des modes de consommation cohabitent et se croisent. En quoi les supermarchés, marché, supérettes, commerces de proximité, services de livraison… peuvent-ils être support pour de la solidarité inter-générationnelle?


Le portage de repas se heurte encore à des réticences, malgré la diversité de services existants. Assimilé à de l’assistanat, il est synonyme de repli sur soi, de standardisation du quotidien, de perte du goût de vivre. Pourtant on remarque que choisir son alimentation, que cela soit en se servant soi même dans les commerces, ou en ayant recours aux livraisons, est une volonté revendiquée par les personnes très âgées.
Et si les grandes enseignes de la consommation, associées justement à l’abondance et à la diversité des produits, proposaient un dispositif de livraison allant des courses au portage de repas?
On imagine plusieurs “degrés” de livraison, permettant au service de s’adresser à tous, et non uniquement aux seniors. Du “panier garni” aux produits “semi-préparés” (prêts à l’emploi, mais pas encore complètement cuisinés), en passant par le pack “tout pour une recette”… comment peut-on investir les différentes étapes de dépendance de la personne âgée dans l’acte de cuisiner, et la guider plus positivement vers un service de portage de repas?
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Le supermarché est un lieu impersonnel: ce consensus sur l’absence de personnel, en dehors des lieux de paiement et de publicité, est d’autant plus partagé par les seniors qu’ils constituent une clientèle attentive et pas pressée, attachée aux modes de consommations des petits commerces.
On propose à une grande surface de former une équipe de “guides/assistants” en charge d’accompagner les personnes en difficulté dans leur trajet dans le magasin. Il s’agit autant de guider et de conseiller que d’être une présence humaine dynamique, qui incarne la dimension servicielle de l’enseigne. Une personne âgée peut être ainsi accompagnée durant sa “traversée” de cet espace déroutant qu’est le supermarché: leur expérience en tant qu’utilisateurs devenant plus positive (voire meilleure que celle du client “cible”), les séniors ne pourraient-ils pas eux-mêmes contribuer à humaniser ce lieu de consommation?
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Comment intégrer de la diversité dans la consommation des personnes âgées, qui s’attachent parfois à des marques en voie de disparition? On remarque que les générations se croisent et consomment dans des temporalités différentes, tant dans le choix des produits que dans le mode d’achat. D’autre part, le supermarché recèle un potentiel d’inter-générationnel par la diversité des produits et des marques qu’il propose. Comment l’exploiter?
Peut-on imaginer le supermarché comme une opportunité de rassembler jeunes et moins jeunes autour de l’histoire, des valeurs, de l’iconographie, des usages… associés à certains produits? Au delà de l’image d’un “musée de la consommation”, quelles activités peuvent être crées (témoignages, ateliers de cuisine, expositions thématiques…?) pour mettre en valeur une “histoire vivante” de la consommation par les utilisateurs?
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Se ravitailler ne pose pas les mêmes problèmes quand on habite en ville, en banlieue, en milieu rural seul, entouré, en difficulté physique…
Face au constat que de supermarchés dans les petites agglomérations ne proposent que des livraisons groupées… et que d’un autre côté le moindre village dispose d’un espace de marché, on imagine des points de relais de livraison pour les grandes enseignes.
Quel dispositif peut on imaginer pour permettre à des personnes peu mobiles de se ravitailler sur un même lieu à la fois en produits frais et en produits de base? De même comment faire coïncider des achats pré-choisis et des achats “sur place”?
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Les commerces de quartier survivent difficilement à la concurrence des supermarchés. Plus les services de livraison se multiplient, plus les personnes âgées, clients fidèles et réguliers, désertent les petites boutiques.
Si le public senior est indispensable à la vie des petits commerces, mais aussi au dynamisme global de la communauté, quel dispositif permettrait de faciliter leurs déplacements?
On propose d’expérimenter un service public de mobilité à l’échelle d’un quartier: des heures de déplacement sont attribuées aux seniors, avec un moyen de transport peu polluant et adapté à la mobilité en ville (ex: le cyclo-pousse), et dans un périmètre géographique défini. La personne dispose d’un chauffeur / accompagnateur, et peut utiliser ce temps/ mobilité comme elle veut. Il s’agit autant de favoriser l’accès aux commerces de proximité que de rendre visible cette activité hyper-locale, génératrice de lien social.