Le jardinage, de la culture au partage
juin 9, 2009
Le jardinage, de la culture au partage: activité de prédilection des séniors, qui ont du temps et détiennent souvent un savoir faire issu du monde rural, le jardinage est aussi un loisir demandé et partagé par tous. La question posée ici est: quelles alternatives au jardin communautaire pour pratiquer un jardinage “socialisant”? En effet, la dimension associative du jardinage de quartier peut repousser un certain public dont les séniors, à la recherche d’activités non contraignantes. On se propose ici d’imaginer des scénarios favorisant la rencontre, le lien inter-générationnel et l’échange (de matériel, de compétences, de produits…) en exploitant les jardins privatifs.


On imagine une journée du patrimoine “verte”, une visite guidée des jardins du quartier, par les habitants. Quelle serait la vertu de cette événement dans la mise en place d’un réseau local solidaire?
Il y a d’une part la possibilité de partager/mutualiser des ressources (matériel et connaissance) en terme de jardinage, voire d’imaginer un potager à l’échelle du quartier (chaque parcelle spécialisée dans une culture…). Plus concrêtement, quel impact la mise en réseau des jardins particuliers pourrait avoir sur la collectivité? Peut-on envisager un label “Ville fleurie” valorisant les ressources ‘de l’intérieur’?
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Le public visé est d’un côté des personnes âgées disposant d’un espace à jardiner (milieu rural ou péri-urbain), de l’autre des citadins souhaitant profiter d’un loisir constructif, en contact avec la nature. Peut-on imaginer de mettre en relation des personnes âgées désireuses d’entretenir leur terrain, et des citadins à la recherche d’un “espace à jardiner”?
On imagine par exemple une famille de parisiens, visitant régulièrement une personne âgée habitant en banlieue rurale. Comment les mettre en contact? Comment faire en sorte que le partage porte effectivement ses fruits? La présence d’un expert ou conseiller cultivateur est peut être nécessaire, de même qu’un modérateur / administrateur qui puisse faire coïncider les agendas des uns et des autres? Comment passer également d’une activité “hébergée” à une activité “partagée”, riche en échanges et en enseignements?
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Coordination des aides et des proches: dans l’amélioration des services aux seniors très dépendants, ce sont les aidants proches – familles et assistants quotidiens- qui apportent les témoignages les plus précieux.
Être le référent d’une personne très âgée est un rôle que de plus en plus de membres de la famille doivent endosser: si les services à la personne ne manquent pas, la gestion des aides est parfois contraignante et problématique.
Comment aider les personnes référentes -souvent de jeunes seniors en début de retraite- à mieux organiser et donc mieux vivre la vieillesse d’un parent âgé?


On imagine que ce rôle revient en partie à la mutuelle, qui peut conseiller, orienter et outiller les gens sur le long terme. Quel programme d’aide peut-on imaginer, d’un part que la personne en charge aie connaissance des ressources existantes, d’autre part pour qu’elle puisse communiquer facilement avec les différentes aides? Différents supports peuvent être proposés, de la boîte à outil au stage -format payant. ————————————————————————————————————————————————-


L’assistance est souvent réduite à un débat binaire: équiper l’habitat en dispositifs technologiques, ce qui peut aboutir à médicaliser et dénaturer l’espace intime… ou déplacer le domestique vers la maison de retraite, déracinement qui peut nuire à la personne âgée.
Rester à la maison, tout comme partir en maison de retraite peut ressembler à un emprisonnement. Se pose la question d’une institution “passerelle” entre l’assistance médicale et la sphère domestique.
Il s’agit d’imaginer que la maison de retraite se dé-matérialise à l’échelle d’un quartier: elle devient un réseau de services à la personne et de moyens techniques. Au centre de ce dispositif, un lieu de stockage pour le matériel et l’information. C’est aussi un tiers lieu médical et associatif où l’on organise des activités de groupes ou des rendez vous personnels. C’est une annexe hyper-locale de l’hôpital, où les proches peuvent aussi trouver des informations, se renseigner sur des mesures d’urgence (canicule, vaccins…). Les habitants seniors du quartier sont desservis par une équipe de proximité: à travers eux, un réseau solidaire peut prendre forme. ————————————————————————————————————————————————-
Vie culturelle, intellectuelle, jeux et loisirs. Des loisirs culturels, oui, mais pas entre vieux! Y a-t-il un intermédiaire entre “ne pas y aller seul” et “faire une visite de groupe entre senior”? Garder son autonomie dans le choix des activités est indispensable à certains pour ne pas “se sentir vieillir”. Il y a aussi le désir de ne pas se retrouver couper du monde actuel en ne pratiquant que des loisirs “de vieux”.


A ce titre, certains lieux comme les expositions, sont très attractifs car ancrés dans l’actualité, mais ne favorisent pas une visite “à son rythme”. Quel relais peut-on imaginer entre habitat, moyen de transport et musées?Il s’agit d’une part de faciliter l’accès aux lieux de culture pour des personnes moins mobiles… d’autre part d’imaginer d’autres modalités de visites, pour la curiosité, la volonté de découverte / d’apprentissage spécifiques du public sénior. Peut on imaginer une visite à télécharger, à poursuivre chez soi, à faire partager à ses petits enfants? En quoi par la même occasion, les loisirs culturels peuvent-ils favoriser l’intégration de nouvelles technologies dans le quotidien des personnes âgées?
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Internet est un réservoir pour les collectionneurs de cartes postales et d’objets d’antan. D’autre part, les univers virtuels comme second life puisent énormément dans les références au passé pour inspirer des scénarios de jeu immersifs et variés. Le croisement entre la mise en ligne progressive de la mémoire humaine, et la reconstitution de décors anciens à des fins de loisirs n’est pas évident… Cependant, ne peut-on pas imaginer des jeux vidéos pour les seniors, et par leurs propres ressources?
En quoi cela pourrait-il être le support d’un réseau social, non seulement pour échanger des souvenirs, mais aussi pour les rendre tangibles et partageables avec les plus jeunes?
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Comment intégrer le numérique dans le quotidien des personnes âgées comme un ensemble d’outils, et non comme une activité en soi, qui ne séduira que des amateurs? Deux problèmes se posent: les modalités de cet apprentissage (on ne veut pas que ça soit entre vieux, que ça prenne trop de temps, que ça soit trop abstrait) et la décision qui motive cet apprentissage.
On propose de rendre ces activités accessibles sous la forme d’un atelier à destination de tous, un “challenge numérique” interactif et de courte durée: “Internet, la photo numérique, MSN, Google… pour les nuls de tous âges”.
Il s’agit de savoir comment cet événement peut être porté par la collectivité, et révéler des envies de la population envers certaines activités: faudra-t-il après créer de nouveaux cyber-cafés, ré-outiller la médiathèque? Il s’agit de créer un dialogue entre les habitants de toutes catégories et la municipalité autour de l’accessibilité aux outils numériques.
D’autre part, comment ces ateliers peuvent-ils en pratique communiquer sur les ressources locales en termes d’équipement et de services liés au numériques?
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Les expérimentations visant à allier technologie et espace public se multiplient: informations géo-localisées, écrans interactifs, hot spots Wifi… il y a un véritable enjeu à investir la rue comme support de prédilection pour faire entrer le numérique et ses nouveaux usages dans le quotidien des gens. Les personnes âgées, en tant que figures bienveillantes des espaces publics, ne sont elles pas également des appuis potentiels pour des usages collectifs et socialisants des technologies? Il s’agit d’imaginer quels usages spécifiques du numérique peuvent être faits par les seniors dans l’espace public, sans que cela soit stigmatisant (car aux yeux de tous), mais au contraire une opportunité d’innovation. Le jeu semble notamment à interroger, par sa dimension créative et son potentiel de lien inter-générationnel. Le numérique démultiplie les possibilités d’interactions, de partage, de connexion entre les personnes à l’intérieur et à l’extérieur… Quelles sont les nouvelles règles du jeu?
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Les idées développées dans SenioLAB sont à la fois issues des groupes de travail des ateliers et des événements du programme Plus Longue la Vie.net comme le Barcamp “Design et vieillissement” réalisé à l’ENSCI en mars. Les idées se divisent en trois selon qu’elles correspondent à un futur très proche (“Et si demain…”), un futur posisble (“Et si en 2012…”) ou une vision prospective. Différents thèmes ont été abordés:
-Lieux de consommation / lieux de socialisation: un questionnement sur les espaces de consommation où des générations ayant des rythmes et des modes de consommation cohabitent et se croisent. En quoi les supermarchés, marché, supérettes, commerces de proximité, services de livraison… peuvent-ils être support pour de la solidarité inter-générationnelle?


Le portage de repas se heurte encore à des réticences, malgré la diversité de services existants. Assimilé à de l’assistanat, il est synonyme de repli sur soi, de standardisation du quotidien, de perte du goût de vivre. Pourtant on remarque que choisir son alimentation, que cela soit en se servant soi même dans les commerces, ou en ayant recours aux livraisons, est une volonté revendiquée par les personnes très âgées.
Et si les grandes enseignes de la consommation, associées justement à l’abondance et à la diversité des produits, proposaient un dispositif de livraison allant des courses au portage de repas?
On imagine plusieurs “degrés” de livraison, permettant au service de s’adresser à tous, et non uniquement aux seniors. Du “panier garni” aux produits “semi-préparés” (prêts à l’emploi, mais pas encore complètement cuisinés), en passant par le pack “tout pour une recette”… comment peut-on investir les différentes étapes de dépendance de la personne âgée dans l’acte de cuisiner, et la guider plus positivement vers un service de portage de repas?
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Le supermarché est un lieu impersonnel: ce consensus sur l’absence de personnel, en dehors des lieux de paiement et de publicité, est d’autant plus partagé par les seniors qu’ils constituent une clientèle attentive et pas pressée, attachée aux modes de consommations des petits commerces.
On propose à une grande surface de former une équipe de “guides/assistants” en charge d’accompagner les personnes en difficulté dans leur trajet dans le magasin. Il s’agit autant de guider et de conseiller que d’être une présence humaine dynamique, qui incarne la dimension servicielle de l’enseigne. Une personne âgée peut être ainsi accompagnée durant sa “traversée” de cet espace déroutant qu’est le supermarché: leur expérience en tant qu’utilisateurs devenant plus positive (voire meilleure que celle du client “cible”), les séniors ne pourraient-ils pas eux-mêmes contribuer à humaniser ce lieu de consommation?
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Comment intégrer de la diversité dans la consommation des personnes âgées, qui s’attachent parfois à des marques en voie de disparition? On remarque que les générations se croisent et consomment dans des temporalités différentes, tant dans le choix des produits que dans le mode d’achat. D’autre part, le supermarché recèle un potentiel d’inter-générationnel par la diversité des produits et des marques qu’il propose. Comment l’exploiter?
Peut-on imaginer le supermarché comme une opportunité de rassembler jeunes et moins jeunes autour de l’histoire, des valeurs, de l’iconographie, des usages… associés à certains produits? Au delà de l’image d’un “musée de la consommation”, quelles activités peuvent être crées (témoignages, ateliers de cuisine, expositions thématiques…?) pour mettre en valeur une “histoire vivante” de la consommation par les utilisateurs?
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Se ravitailler ne pose pas les mêmes problèmes quand on habite en ville, en banlieue, en milieu rural seul, entouré, en difficulté physique…
Face au constat que de supermarchés dans les petites agglomérations ne proposent que des livraisons groupées… et que d’un autre côté le moindre village dispose d’un espace de marché, on imagine des points de relais de livraison pour les grandes enseignes.
Quel dispositif peut on imaginer pour permettre à des personnes peu mobiles de se ravitailler sur un même lieu à la fois en produits frais et en produits de base? De même comment faire coïncider des achats pré-choisis et des achats “sur place”?
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Les commerces de quartier survivent difficilement à la concurrence des supermarchés. Plus les services de livraison se multiplient, plus les personnes âgées, clients fidèles et réguliers, désertent les petites boutiques.
Si le public senior est indispensable à la vie des petits commerces, mais aussi au dynamisme global de la communauté, quel dispositif permettrait de faciliter leurs déplacements?
On propose d’expérimenter un service public de mobilité à l’échelle d’un quartier: des heures de déplacement sont attribuées aux seniors, avec un moyen de transport peu polluant et adapté à la mobilité en ville (ex: le cyclo-pousse), et dans un périmètre géographique défini. La personne dispose d’un chauffeur / accompagnateur, et peut utiliser ce temps/ mobilité comme elle veut. Il s’agit autant de favoriser l’accès aux commerces de proximité que de rendre visible cette activité hyper-locale, génératrice de lien social.
Jeudi 4 et Vendredi 5 Juin a eu lieu le premier workshop SeniorLAB, à la Cantine. Etaient présents de nombreux représentants des ateliers ainsi que des designers (service / produit) et des membres de la FING. L’enjeu de cette séance de travail de 2 jours était de développer des pistes de projet issues des séances de créativité réalisées en Avril et Mai, et formalisées dans le travail de SeniorLAB.
A l’ordre du jour: fabriquer des scénarios, formuler des valeurs et des points forts, réfléchir à des points de contact tangibles, à une identité des services. Pour commencer, quelques outils, qui nous ont aidé à produire et communiquer les idées…
1_ des points d’entrée tangibles: des fiches d’entretiens avec des séniors et leurs proches, faisant émerger des “insights”, ou formulations éclairantes.

2_de la matière créative: des fiches idées représentant à travers des “images concepts” les principales pistes développées dans les premières semaines de SeniorLAB.


3_ de quoi voter! (…commenter, annoter, valider, s’approprier…)

4_des pictogrammes des acteurs, situations, dispositifs et notions récurrentes.


5_des cartographies de ces acteurs à travers des thématiques fortes: la consommation, le jardinage socialisant, l’assistance à domicile, la vie culturelle et les loisirs… Ces représentations ont pour but de faire ressortir des curseurs, des grandes polarités ainsi que des connexions possibles entre acteurs humains, dispositifs technologiques, prestations de service.

6_des outils-questions méthodologiques pour définir les enjeux d’un service: quelles sont ses valeurs (outil contraste: qu’est ce qui le différencie de l’existant..?) quelle est son infrastructure (à quoi ressemblerait son site web…?), quelle est sa logique globale?
