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PISTE_3 Télé-assistance et coordination des aides

La question de l’autonomie à domicile va de pair avec la gestion des dispositifs d’assistance à domicile, qu’ils soient d’ordre technique ou humains. Dans l’atelier animé par Gilles Duthil, nous nous demandons quelles sont les alternatives sociales à la télé-assistance. Comment impliquer la famille dans une aide globale et programmée des séniors en dépendance progressive? Comment se construisent les “cercles de confiance”? Comment améliorer/développer le contact entre les aidants médicaux et les “observateurs quotidiens” (aides ménagers, livreurs, visiteurs…). Comment faciliter la tâches des “personnes référentes” dans l’entourage proche de la personne âgée?

POINTS DE CONTACT

Par degrès d’éloignement du domicile on distingue: à gauche les dispositifs humains d’aide à domicile; des visiteurs journaliers (famille, infirmier, aide ménagère…) aux prestataires ponctuels. A droite, les dispositifs techniques, au sein du domicile (domotique/robotique, systèmes télécommandés…) ou points de relai vers l’extérieur (télé-assistance, multimédia…).

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Des familles émergent.

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Jeanne, 62 ans, habite dans le même quartier que ses parents Pierre (97 ans) et Louise (93 ans). Pierre et Louise n’ont pas de problème physique majeur si ce n’est leur grand âge, ils font appel à un grand nombre de services à domicile pour continuer à habiter chez eux: aide ménagère, infirmiers, médecin traitant et kiné plus ponctuellement. Ils se font aussi livrer la majeure partie de leurs produits alimentaires. C’est à Jeanne d’orchestrer et de gérer le bon fonctionnement de ces visites, ce qui est un travail de longue haleine car “même entouré de bons professionnels, on ne peut pas tout prévoir”.

“J’essaye de ne pas aller chez mes parents tous les jours…”

“Ils ont du mal à voir ce qu’on fait pour eux. Quelque part, d’être très bien entourés leur donne l’impression d’être plus forts qu’ils ne le sont!”

“C’est cette épée de Damoclès qui est contraignante. J’ai l’impression qu’il faut que je sois en permanence à proximité.”

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Anciennement professeur d’Histoire, Anita, 63 ans, est à la retraite depuis 3 ans. Elle s’occupe de sa mère Thérèse, 94 ans. Thérèse a beaucoup de difficultés pour marcher seule, et souffre régulièrement de perte de mémoire. Elle n’accepte aucune aide à domicile en dehors de sa fille. Pour Anita, c’est une grande charge de travail, et elle n’a pas vraiment le loisir d’organiser comme elle veut sa vie de jeune retraitée. Elle ne veut pas pour autant voir sa mère en maison de retraite, et réfléchit à des dispositifs alternatifs (télé-assistance…).

“Depuis Janvier, j’y dors tous les soirs… c’est à 7 minutes de chez moi, mais c’est quand même contraignant.”

“Elle ne veut pas de femme de ménage car elle n’a jamais été servie.”

Article précèdent

mai 26, 2009

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PISTE_2 Jardiner: de la culture au partage

Activité quotidienne, loisir, habitude de longue date, art de vivre: le jardinage croise des modalités de temps, d’espace et de connaissances. Dans l’Atelier “Réseaux Sociaux” animé par Jean Yves Ruaux, nous constatons également que c’est une pratique basée sur l’entretien (d’un espace, d’un savoir-faire…) et sur la transmission. Il s’agit donc de savoir en quoi le jardinage peut être à la fois une activité individuellement épanouissante, et socialisante.

Quelle formes de relations peut produire un réseau de jardiniers de tous profils et de tous âges?

POINTS DE CONTACT

Cartographie du rapport au jardin selon: d’une part le degrés d’ouverture de l’espace, du parc public au jardin privatif; d’autre part son contexte, rural ou urbain.

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Un jardin chez soi en milieu urbain implique des “facilitateurs” -fournisseurs et prestataires- + la ré-interprétation de savoir-faires: une forme de créativité

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…que l’on retrouve dans toutes les pratiques “alternatives” du jardin urbain à vocation sociale: jardin associatif, investigation des jardins publics pour des activités de groupes, initiation à une flore carractéristique urbaine…

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Entretenir un jardin-potager est support d’interactions sociales (prêt, conseils, échange, partages de récolte, entre-aide…) qu’il s’agit de ré-interroger pour mettre en relation les aspirations du jardinage urbain et les habitudes ancrées du jardinage rural.

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Françoise, ancienne psychanalyste, 77 ans, habite la moitié du temps à Paris, l’autre  en Normandie, dans une maison de campagne. Pour elle, jardiner est un des grands loisirs de la retraite: elle a commencé par demander conseil à ses voisins avant de se lancer dans un aménagement “programmé” de son potager, en fonction de ses capacités et de son temps de présence. Aujourd’hui, c’est surtout la fatigue physique qui l’empêche de s’y consacrer plus.

“Mon petit plaisir, c’est de déjeuner devant la fenêtre du jardin carré, c’est comme un paysage…”

“C’est volontiers que mes invités et ma famille m’aident quand ils sont en vacances… et de s’occuper de salades, ça les change un peu de leur quotidien!”

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André, 84 ans, habite dans l’Oise. Il dispose d’un grand jardin, avec des arbres fruitiers et un potager, mais n’a plus la force physique de le cultiver comme avant. Il regrette que son jardin ne soit plus un espace d’accueil comme avant, un endroit qui attire du monde.Cependant, il continue à parler astuces et conseils de saisons avec ses voisins. Depuis qu’il est veuf, André souffre de la solitude et aimerait recevoir des visites plus régulières.

“J’ai fait 60 kg de compote de pommes du jardin, ce sera pour l’été, quand il y aura mes petits enfants.”

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Les Lelièvre habitent au centre de Paris. Pour eux, le jardinage se résume à des plantes vertes pour égayer l’appartement. Ils apprécient les jardins publics, mais ne les fréquentent pas plus que ça. Leurs vacances en Normandie, dans la maison de famille, sont donc une vraie coupure avec leur quotidien: même si les enfants n’ont pas de prédilection pour les activités en plein air, récolter et préparer des produits du jardin est toujours une curiosité de la campagne pour eux.

mai 25, 2009

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PISTE_1: Lieux de consommation / lieux de socialisation


Quels sont les lieux publics où des générations ayant des temporalités de vie très différentes peuvent se croiser et cohabiter? Une première hypothèse envisage certains espaces dédiés à la consommation comme ayant un caractère socialisant, par la diversité de leur public et de leurs activités. Cependant, ils peuvent être également vécu comme discriminants en fonction de l’âge, tant dans leurs produits que dans le “mode de consommation”.

Dans cette piste, nous nous demandons comment l’épicerie, le petit commerce, la supérette, le marché, le supermarché ou le complexe commercial peuvent être support de lien inter-générationnel.


DES POINTS DE CONTACTS

Cartographie des espaces selon 2 curseurs: le “gabarit” du commerce -du PROXI (commerce de quartier) au MAXI (grande enseigne de distribution)- et la taille de la consommation – du petit achat journalier aux grosses courses mensuelles.

Image 1Cette répartition permet de recenser les différentes interactions humaines dans chacun de ces espaces: interactions professionnelles dans la vente, la promotion, la livraison des produits… et les interactions “sociales” dues au contexte de consommation.

épiceries de quartier et petites enseignes

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marché, vente à l’étalage, points de relais AMAP

Image 7grandes surfaces, galeries commerciales

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Marie Thérèse et Pierre habitent au centre de Toulouse, au 9° étage d’un immeuble. Habitant le quartier depuis plus de 40 ans, ils connaissent toutes les échoppes de proximité ainsi que leurs commerçants, et déplorent leur disparition progressive au profit des franchises de grandes enseignes. Le supermarché, c’est une fois par mois, accompagnés de leur aide à domicile Josette.

“Au supermarché, on ne voit que les caissières. Le reste du personnel, c’est comme s’il n’existait pas, sauf quand il s’agit de faire de la réclame…”

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Leur fille Anne, 60 ans, habite dans le même quartier. Selon elle, les habitudes de consommation de ses parents n’évoluent pas du fait de leur grand âge, d’où le rôle primordial des aidants à domicile pour “faire le lien” avec les nouveaux produits, marques… Elle même se charge régulièrement de les approvisionner, ainsi que d’autres personnes âgées de l’immeuble, même si elle ne serait pas prête à s’engager trop régulièrement, du fait de sa vie très active.

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Carmen, 85 ans, habite en périphérie de Condom, ville de 7000 habitants dans le Gers. Veuve depuis deux ans, Carmen rencontre de nombreuses difficultés pour s’approvisionner: elle a recours a des livraisons à domiciles – mais peu de supermarchés et commerces le proposent dans les environs. Elle doit sinon se déplacer en taxi, même pour une course en ville, ce qui est ruineux et demande une organisation pour des parcours à la minute près. Carmen déplore que des solutions alternatives comme le co-voiturage ne soient pas plus courantes dans sa région, où “on trouve de tout mais loin…”

“Pour avoir une navette, il faut beaucoup de demandes, ils ne vont pas créer un trajet pour une personne.”                                        

“Il n’y a que des livraisons groupées. Le problème c’est qu’ici tout le monde se sert à des endroits différents! Si les voisins se mettaient d’accord…”                                                                                                                                                                                                      

“Au début, il n’y avait que moi qui utilisait “Tout-par-gel” ici. Puis le livreur a commencé à me demander l’adresse de Mme Untel ou Untel. Je me suis doutée que les voisines avaient du voir le camion et se renseigner!”